Journée internationale de la femme

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L’Ambassade de France à Bangui a organisé, le 8 mars 2012, une conférence-débat sur le thème de l’excision dans le cadre de la journée internationale de la Femme .

Lors de cette manifestation le film « Fleur du Désert » de Sherry Hormann, relatant l’histoire de la célèbre mannequin somalienne Waris Dirie, a été projeté. Cet évènement a réuni un public essentiellement féminin. Mme Margaret VOGT, Représentante spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies, Mme Azza Mohamed EL GUIBALI, Ambassadeur de la République arabe d’Egypte et Mme Georgette DEBALLE-KOYT, Recteur de l’université ont animé les débats. De nombreux acteurs de la société civile étaient présents et ont également activement participé au débat.

L’excision figure en République centrafricaine dans la liste des violences faites aux femmes. Le taux de prévalence y est en moyenne de 37%. Le monde associatif se mobilise en conséquence. Ainsi, le CIAF Centrafrique (Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles) organise régulièrement des campagnes de sensibilisation à Bangui, mais aussi dans l’arrière pays, beaucoup plus touché par ce problème. Dans certaines régions telles que la Ouaka ou l’Ouham, près de 90% des jeunes filles sont excisées. Le caractère ethnique de la pratique de l’excision a également été relevé, et les taux varient du simple au double en fonction de l’ethnie considérée.

Le code pénal centrafricain, révisé en 2010, stipule en ses articles 114, 115 et 116, l’incrimination des « auteurs, ou toute autre personne ayant favorisé l’excision ou toutes méthodes de mutilations génitales féminines, à un emprisonnement de deux à cinq ans, mais également toute personne ayant connaissance d’une excision déjà prévue ou pratiquée et qui n’aurait pas averti les autorités publiques compétentes ». Pourtant, aucune juridiction n’a jamais été saisie à ce jour. L’excision est avant tout en République centrafricaine, comme dans bien d’autres pays, une pratique culturelle qui constitue souvent un facteur d’intégration communautaire.

En outre, dans un pays au système de santé gravement sinistré, les conséquences de cette mutilation génitale sont désastreuses et entrainent de graves complications, parfois même le décès de la victime. Les associations et ONG locales présentent à la célébration de la Journée Internationale de la Femme ont profité de l’évènement pour alerter les partenaires au développement sur la gravité de la situation, et ont entamé un plaidoyer afin de bénéficier d’un soutien plus important de leur part.

Dernière modification : 16/03/2012

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